Fil d’actus

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Se former à la sécurité numérique

Compte tenu de l’impact grandissant des cyberattaques, chaque personne doit pouvoir devenir acteur de sa propre sécurité numérique, qu’il s’agisse d’étudiants, de salariés, de dirigeants d’entreprises, d’élus… Pour l’ANSSI, il est donc indispensable de former le plus grand nombre de citoyens aux enjeux de la cybersécurité. Pour répondre à cet objectif, elle a créé le MOOC SecNumacadémie qui s’adapte aux besoins des différents publics non experts, en proposant des contenus pédagogiques ludiques et accessibles à tout moment, gratuitement.

Une attestation de réussite

Ce MOOC permet de s’initier à la cybersécurité ou d’approfondir ses connaissances, pour pouvoir protéger efficacement ses outils numériques. Il est composé de 4 modules : Panorama de la SSI, Sécurité de l’authentification, Sécurité sur Internet et Sécurité du poste de travail et nomadisme. Le suivi intégral du dispositif de formation permet d’obtenir une attestation de réussite. Une série de tests d’auto-évaluation est en effet proposée à la fin de chaque unité pour juger du niveau de compréhension du sujet. Un score de 80 % à l’évaluation permet de valider l’unité en vue de l’obtention de l’attestation de réussite finale.

Pour en savoir plus : secnumacademie.gouv.fr

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Le marché de l’art en ligne continue sa progression

Selon la dernière édition de l’Online Art Trade Report de l’assureur Hiscox, le marché de l’art en ligne continue sa forte progression. Les maisons de vente aux enchères ont pu confirmer cette tendance. Ainsi, la maison Heritage Auctions a déclaré 903 millions de dollars de chiffre d’affaires en ligne en 2021, en hausse de 79 % par rapport à 2020. Pour sa part, Phillips a connu une croissance de 70 % de ses ventes aux enchères exclusivement en ligne, tandis que Christie’s a affiché une croissance de 41 % de ses ventes en ligne en 2021. Les ventes exclusivement en ligne de Sotheby’s ont progressé de 22 % en 2021 après une croissance vertigineuse en 2020 (824 % !). Fort de cette performance record, Sotheby’s représente, à lui seul, 65,8 % des ventes en ligne réalisées par les trois maisons de ventes aux enchères l’an dernier. Globalement, le marché de l’art en ligne a connu une croissance de 72 % au premier semestre 2021, après une année 2020 en croissance de 64 %, permettant d’estimer à 13,5 milliards de dollars l’ensemble des ventes en ligne sur l’année passée.

Du côté des acheteurs, la confiance dans ce marché dématérialisé est en hausse. Plus de la moitié des acheteurs d’art en ligne interrogés en 2022 (53 %) ont indiqué que la pandémie et le virage en ligne du marché de l’art avaient augmenté leur confiance dans l’achat d’art et d’objets de collection en ligne, contre 42 % en 2020. Et la vente en ligne a permis également l’émergence d’une nouvelle génération d’acheteurs d’art. Ainsi, trois jeunes collectionneurs sur dix (31 %) ont acheté leur première œuvre d’art en ligne, contre 14 % en 2020. Près de la moitié (47 %) des nouveaux acheteurs d’art (ceux qui ont commencé à acheter de l’art il y a moins de trois ans) ont réalisé leur premier achat en ligne. Ce chiffre était de 30 % en 2020. Le marché de l’art en ligne est devenu ainsi une porte d’entrée dans le monde de l’art pour les nouveaux acheteurs d’art, nombre d’entre eux n’ayant jamais « mis les pieds » dans une galerie ou une maison de vente aux enchères.


Hiscox Online Art Trade Report 2021

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Éleveurs : l’importation de viandes aux antibiotiques de croissance est interdite

Depuis le 22 avril 2022, l’importation et la mise sur le marché en France de viandes et de produits à base de viandes issues d’animaux, élevés dans les pays hors Union européenne, ayant reçu des antibiotiques pour favoriser la croissance ou augmenter le rendement des animaux sont désormais interdites.

Cette mesure nationale a été adoptée en réaction au retard de l’entrée en application d’une disposition européenne en la matière. Une disposition qui aurait dû être prise avant le 28 janvier 2022 en application du règlement européen du 11 décembre 2018 sur les médicaments vétérinaires. Les importateurs doivent donc désormais mettre « en œuvre des diligences raisonnables aux fins de s’assurer » que les viandes et produits à base de viande qu’ils envisagent d’importer de pays tiers à l’Union européenne et de mettre sur le marché français n’ont pas reçu des médicaments antimicrobiens prohibés.

Concrètement, il leur revient d’obtenir de leurs fournisseurs la garantie que les viandes importées n’ont pas reçu ces traitements médicamenteux. Cela suppose de collecter les informations sur la provenance des animaux dont sont issus les viandes et produits à base de viande importés, de procéder à l’évaluation du risque que les animaux à l’origine des produits importés aient été traités aux antibiotiques et, lorsque le risque est réel, d’obtenir des garanties des exportateurs.

Une demande des éleveurs français

Lors de la publication de l’arrêté, en février dernier, l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev) avait salué la mise en place de cette mesure, réclamée depuis longtemps par la filière, qui, selon elle, « est un premier pas d’intérêt majeur en faveur de la réciprocité des normes de production agricole dans les échanges commerciaux », même si elle ne constitue pas la « mesure miroir » européenne qu’elle appelle de ses vœux.


Arrêté du 21 février 2022, JO du 22

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Allocation d’activité partielle : quel est son montant minimal ?

Les employeurs qui recourent à l’activité partielle doivent, pour chaque heure non travaillée, régler à leurs salariés une indemnité au moins égale à 60 % de leur rémunération horaire brute (prise en compte dans la limite de 4,5 Smic). Sachant que cette indemnité ne peut être inférieure au Smic horaire net, soit, à compter du 1er mai 2022, à 8,59 €.

En contrepartie, les employeurs perçoivent de l’État une allocation d’activité partielle correspondant à 36 % de la rémunération horaire brute de leurs salariés (prise en compte dans la limite de 4,5 Smic). Mais cette allocation ne peut pas être inférieure à un montant plancher fixé par décret. Compte tenu de l’augmentation du Smic début mai, cette allocation minimale est revalorisée, passant ainsi de 7,53 à 7,73 €.

Précision : les nouveaux montants minimaux de l’indemnité et de l’allocation d’activité partielle s’appliquent aux heures non travaillées à compter du 1er mai 2022.

Les employeurs qui recourent à l’activité partielle de longue durée, eux, ont droit à une allocation d’activité partielle correspondant à 60 % de la rémunération horaire brute de leurs salariés. Le montant minimal de cette allocation s’élève à 8,59 € à compter du 1er mai 2022.

À noter : cette allocation plancher de 8,59 € (à compter du 1er mai 2022) concerne également les employeurs dont les salariés sont dans l’impossibilité de continuer à travailler parce qu’ils sont considérés comme des personnes vulnérables présentant un risque de développer une forme grave d’infection au Covid-19 ou parce qu’ils doivent garder leur enfant de moins de 16 ans ou leur enfant en situation de handicap en raison notamment de la fermeture pour raison sanitaire de sa section, de sa classe ou de son établissement d’accueil.


Décret n° 2022-654 du 25 avril 2022, JO du 26

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Avocats : signature électronique pour le divorce par consentement mutuel

La loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, dite loi « Belloubet », a autorisé le recours à la signature électronique pour le divorce par consentement mutuel extrajudiciaire.

Pour rendre cette possibilité effective, le Conseil national des barreaux a annoncé le lancement d’un nouveau dispositif sécurisé de signature en ligne de la convention de divorce par consentement mutuel.

Ainsi, à partir du 1er juin 2022, les avocats et leurs clients auront à leur disposition un outil, baptisé « e-DCM », permettant de dématérialiser cette convention. En pratique, l’e-DCM sera intégré à la plate-forme e-Actes d’avocat. Ce module permettra de réaliser des actes d’avocat natifs électroniques garantissant la concomitance des signatures et la localisation des parties et de leurs avocats. En outre, une fois la e-convention de divorce finalisée, elle pourra être transmise au notaire par voie électronique directement depuis la plate-forme e-Actes d’avocat.


cnb.avocat.fr, actualité du 5 avril 2022

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Politique de la ville : financement 2022 des associations nationales

Les pouvoirs publics lancent la campagne 2022 de demande de subvention pour les associations nationales qui contribuent à l’animation et à la qualification des acteurs de terrain ou qui conduisent des projets dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Cette année, sont subventionnés en priorité les projets portant sur :
– la réussite éducative et scolaire dès le plus jeune âge, la persévérance scolaire, les actions de tutorat et d’accompagnement des jeunes publics pour leur émancipation ;
– l’émancipation (accès aux droits, aux pratiques culturelles et sportives, à la santé), la promotion de la citoyenneté et le renforcement du lien social, notamment par la médiation sociale (aller-vers, occupation de l’espace public le soir et le week-end, mobilité) ;
– l’insertion professionnelle des personnes les plus éloignées de l’emploi et les actions en faveur du développement économique (promotion de l’esprit d’entreprise, mise en réseau des acteurs économiques du territoire, appui aux modèles économiques innovants, etc.) ;
– l’amélioration du cadre de vie (animation des espaces publics et coconstruction d’actions renforçant l’appropriation du territoire par ses habitants et la valorisation de l’image des quartiers).

À savoir : les projets associatifs doivent inclure des objectifs de promotion de l’égalité femmes-hommes et des droits des femmes.

Les associations doivent envoyer leur demande de subvention via le portail Dauphin au plus tard le 13 mai 2022.

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Exploitants agricoles : les dates de versement des aides Pac 2022

Vous le savez : en tant qu’exploitant agricole, vous devez déposer votre déclaration Pac (déclaration de surfaces et demandes d’aides bovines) le 16 mai prochain au plus tard. Sachant qu’un dépôt après cette date reste possible jusqu’au 10 juin mais il donnera alors lieu à des pénalités sur le montant des aides versées.

À ce titre, les dates auxquelles les aides Pac pour l’année 2022 devraient être versées sont les suivantes (source La France Agricole). Ces dates étant les mêmes qu’en 2021.

Aides découplées, couplées végétales et animales

S’agissant des aides découplées (DPB, paiement vert, paiement redistributif et paiement additionnel aux jeunes agriculteurs) et des aides animales dues au titre de 2022, un acompte, dont le taux n’est pas encore connu, sera versé à la mi-octobre 2022. Le solde devrait être payé en décembre 2022 pour les aides découplées ainsi que pour les aides ovines et caprines et fin janvier 2023 pour les aides bovines (aide aux bovins allaitants et aide aux bovins mâles). Sachant que l’aide aux veaux sous la mère et l’aide aux veaux bio seront versées de janvier à mars 2023.

Le versement des aides couplées végétales de 2022 aura lieu, quant à lui, à partir du mois de janvier 2023 et s’étalera jusqu’en mars 2023.

MAEC et aides bio

Les paiements des aides servies au titre des mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) et des aides à l’agriculture biologique de 2022 devraient intervenir à partir du mois de mars 2023.

Indemnités compensatoires de handicap naturel

Enfin, l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) 2022 devrait faire l’objet d’un acompte versé à la mi-octobre 2022, le solde devant intervenir au mois de décembre suivant.

À noter : l’aide à l’assurance récolte 2022 sera versée fin février-début mars 2022.

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DCF : de l’importance des projections de flux de trésorerie

Introduction

L’une des méthodes de valorisation les plus connues est la méthode « Discounted Cash Flow » (DCF), méthode postulant que la valeur intrinsèque d’une entreprise est la somme actualisée des flux de trésorerie libres futurs générés par cette dernière.

Derrière ce postulat simple se cachent plusieurs notions importantes. Premièrement, la création de valeur repose sur la génération de cash et non de profit. Faire de l’EBIT c’est bien, faire du Free Cash Flow c’est mieux ! De plus, en valorisation, on parle de l’ensemble des flux de trésorerie futurs. Maximiser l’EBIT à court terme n’est pas nécessairement la meilleure stratégie pour maximiser la valeur de son entreprise… 

Conceptuellement, cette méthode est extrêmement puissante car elle relie la valorisation de l’entreprise à ses leviers de création de valeur. Néanmoins, la mise en pratique est très ardue et vouloir parvenir à une estimation exacte est une pure utopie. Nous parlerons dans la newsletter du mois prochain, du problème du taux d’actualisation.

Dans la présente édition, nous montrons l’importance et la difficulté de faire des projections de flux de trésorerie. Dans un premier temps, un rappel sur les formules importantes est présenté avant d’aborder les éléments critiques des projections de flux.

La valeur intrinsèque, le profit économique, le flux de trésorerie libre et la croissance rentable

Il existe deux formules importantes -et totalement équivalentes- pour déterminer la valeur intrinsèque d’une entreprise.

Valeur d′entreprise = FCF futurs actualisés   (1)

Valeur d′entreprise = Capitaux investis + EVA futurs actualisés   (2)

Tout d’abord, rappelons que l’actualisation est un concept financier qui permet de déterminer la valeur à date du jour d’un flux financier futur.

Commentons la première formule. Qu’est-ce que le Free Cash Flow (FCF)? C’est simplement le flux de trésorerie disponible pour les différents bailleurs de fonds une fois que l’intégralité des coûts hors financement a été payée.

FCF = EBIT * (1 – IS) – (Capex – D&A) – Variation de BFR   (3)

ou encore 

FCF = EBIT après impôts * (1-Taux d’investissement)   (4)

avec le taux d’investissement défini par : 

Ainsi, on voit clairement dans l’équation (3) que le Free Cash Flow est très différent de l’EBIT (agrégat comptable très proche du résultat d’exploitation qui est l’obsession de beaucoup d’entreprises).

Premièrement, le Free Cash Flow s’entend après impôts et est donc nécessairement plus faible que l’EBIT (même en l’absence d’investissement) ! 

En effet, le Free Cash Flow vient après l’investissement de l’entreprise. Ce dernier se décompose en deux volets: 

  • l’investissement net en immobilisation (vous achetez une nouvelle usine, vous développez par de la R&D une nouvelle molécule…) 
  • l’investissement en Besoin en Fond de Roulement (augmentation de stock, augmentation des créances clients…).

Autrement dit, si votre entreprise génère beaucoup d’EBIT mais qu’une grande partie de vos profits doit être réinvestie dans l’entreprise pour en financer la croissance alors elle vaudra beaucoup moins qu’une entreprise ayant le même EBIT que vous et qui n’aurait besoin que de peu de réinvestissement pour atteindre la même croissance…

On touche là du doigt un concept fondamental dans la valeur intrinsèque d’une entreprise : la croissance rentable. Nous y reviendrons dans la suite.

Revenons à présent à la formule (2). Cette dernière –qui est strictement équivalente à la formule (1)démontre que la valeur d’une entreprise est égale aux capitaux investis auxquels vont se rajouter tous les profits économiques futurs actualisés (appelés « Economic Value Added » ou EVA).

Les capitaux investis se comprennent comme une simple somme :

Capitaux investis = Immobilisation + BFR = Capitaux propres + Endettement net    (6)

Ce sont simplement tous les moyens matériels (Immobilisations + BFR) ou financiers (Capitaux Propres + Endettement net) mis en œuvre dans l’entreprise. Bien évidemment en raison du principe de l’équilibre financier, la somme des moyens matériels est bien égale à la somme des moyens financiers qui les financent… 

Quid du profit économique ? Il se calcule de la manière suivante :

EVA = Capitaux investis * (ROCE – Coût du capital)  (7)

avec la rentabilité économique (appelée « ROCE » acronyme pour Return On Capital Employed) définie par : 

Le coût du capital est la rentabilité minimale exigée par vos bailleurs de fonds (banques et actionnaires). Bien évidement ces derniers vous fournissent les capitaux nécessaires en contrepartie d’une compensation financière (intérêts sur de la dette, dividendes et plus-values pour des actions). Et donc une entreprise n’a de la valeur que si ses capitaux investis dégagent une rentabilité qui est supérieure à ce qu’exigent ses bailleurs de fonds.

Nous arrivons enfin à la formule finale – la plus importante de toute. Que vaut une entreprise dans un monde « simpliste » où sa croissance, sa rentabilité et sa structure financière restent constantes ?

En quelques mots, votre entreprise vaudra beaucoup si :

  • vous avez une forte croissance,  
  • que vous dégagez une forte rentabilité (à savoir beaucoup de profits avec un faible niveau de capitaux investis) 
  • et que ces deux derniers points sont pérennes.

La formule (10) vous donne déjà une première estimation très grossière de la valeur de votre entreprise. 

Par exemple avec un taux d’impôt de 28% et un coût du capital à 10%, une entreprise générant 5M€ d’EBIT avec une croissance perpétuelle de 1% et une rentabilité de 10% vaut 36M€. 

Si sa croissance avait été de 3% et sa rentabilité de 20%, elle aurait alors valu 43,7M€ (soit plus de 20% en plus). Nous rappelons que c’est la croissance rentable qui compte.

En effet, imaginons que cette entreprise annonce une croissance perpétuelle de 5% (ce qui est énorme !) mais une rentabilité de 8%. Quelle est sa valeur ? 

Réponse : 27M€. Plus cette entreprise croît, plus elle détruit de la valeur car sa rentabilité est inférieure à son coût du capital…

Forts du rappel de ces formules importantes, vous disposez désormais toutes les bases pour aborder la suite !     

Les 4 piliers du Business Plan

Quand on estime la valeur intrinsèque d’une entreprise par DCF, on valorise un Business Plan. 

Le Business Plan est simplement la projection quantifiée des perspectives économiques et financières futures de l’entreprise. Autrement dit, le Business Plan est juste la transcription en chiffres de « l’histoire future de l’entreprise imaginée par le management »

Le rôle de l’évaluateur est de conseiller le management sur l’élaboration du business plan et ensuite de valoriser ce dernier. Bien évidemment, l’entreprise ne réalisera pleinement sa création de valeur que si le business plan se réalise ! La grande difficulté est dans l’élaboration des sous-jacents du business plan.

Ils sont au nombre de 4 : 

  • le Management, 
  • l’Environnement, 
  • l’Organisation 
  • et enfin la Stratégie.

Nous n’en dirons pas plus pour le moment car ce sujet complexe fera l’objet d’une newsletter entièrement dédiée. Gardez bien en tête que même le modèle financier le plus élaboré ne pourra donner une valorisation ayant du sens que si le business plan est viable et fiable…  

L’incertitude et l’illusion de la précision

Le monde dans lequel nous vivons est volatil, incertain, ambigu et complexe et il va sans dire que les valorisations s’en ressentent… 

Petit exemple d’une entreprise que tout le monde connait : Tesla, le fabricant de voiture électrique. 

37 analystes financiers suivent le titre. 11 sont positifs, 14 sont neutres, 8 sont négatifs et 4 ne se prononcent pas. 

Les estimations de la valeur de l’action vont de 950$ pour les plus optimistes à 105$ pour les plus pessimistes (soit un rapport de 9 entre les optimistes et les pessimistes !)

La différence n’est pas dans les modèles mais dans l’histoire valorisée.

Pour les plus optimistes, Tesla –dans un futur pas si lointain– sera le leader mondial de la voiture électrique autonome et dominera ce marché en expansion exponentielle de manière hégémonique. 

Pour les plus pessimistes, Tesla est un constructeur automobile comme un autre qui se retrouvera bien vite rattrapé par les concurrents dans un marché de la voiture électrique dont la croissance n’est pas si importante que cela avec une promesse de la voiture autonome qui est illusoire à court/moyen terme. Deux histoires complètement différentes, deux valorisations complètement différentes!

Quelques petits calculs à présent pour démontrer et comprendre que la précision de la méthode DCF est limitée.  

Faisons l’hypothèse d’une entreprise qui génère 10M€ de Free Cash Flow annuel de manière perpétuelle avec un taux d’actualisation de 10%. Sa valeur est de 100M€. 

Combien d’années de flux de trésorerie faut-il à l’entreprise pour atteindre 95% de sa valeur ? La réponse est 31 ans. 

Avec de la croissance c’est encore pire. Si l’entreprise a une croissance perpétuelle de 3% alors les 40 premières années représentent 95% de la valeur de l’entreprise.

Vous sentez-vous capables de faire des projections financières exactes sur 40 ans ?

Une autre manière de voir la chose est la suivante : reprenons notre entreprise de 10M€ de Free Cash Flow perpétuel avec un taux d’actualisation de 10%. Si chaque flux de trésorerie a une volatilité de 5% (ce qui est un exploit de prévision !), quelle est la volatilité de la valorisation ? La réponse est 11%. 

Et si on fait maintenant l’hypothèse que cette volatilité croît linéairement dans le temps (ce qui est logique car le futur lointain est plus incertain que le future proche) ? On arrive alors à 26%…

Bref, vous l’aurez compris, la valorisation n’est pas une science exacte. 

Doit-on pour autant considérer que cela ne sert à rien? Loin de là. 

Une bonne valorisation vous permettra en effet de disposer d’éléments tangibles de négociation lors d’une acquisition ou d’une levée de fonds. Mais par ailleurs, une bonne valorisation vous servira également dans votre activité quotidienne car chaque décision, chaque action que le management prendra aura un impact sur le business plan et donc in fine sur la valeur de l’entreprise… 

Rappelez-vous : « Tous les modèles sont faux mais certains sont utiles ! ». Si un évaluateur vous parle de valeur exacte, avant de fuir, n’hésitez pas à lui demander s’il y a quinze ans il avait anticipé la crise Covid !

Les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel

Reprenons l’exemple précédent de l’entreprise de 10M€ de Free Cash Flow (FCF) au taux d’actualisation de 10%.

Si cette entreprise affiche un taux de croissance perpétuel de 5% (soit pratiquement plus que la croissance mondiale de 4% d’après l’OCDE en 2021), alors elle vaudra 200M€. Cela voudrait aussi dire qu’elle générera 33,9M€ de FCF dans 25 ans, 114,7M€ dans 50 ans, 1 315M€ dans 100 ans et 173Md€ dans deux siècles ! 

La croissance perpétuelle est un mythe pour deux raisons…

Les entreprises ne sont pas perpétuelles. D’après une étude de McKinsey, la durée de vie moyenne des entreprises cotées au S&P 500 était de 61 ans en 1958. Elle était en 2016 de 18 ans. 

Que vaut l’entreprise citée si elle a une croissance de 5% par an mais qu’elle disparaisse dans 30 ans ? 150M€ soit 25% de moins…

En outre, la croissance tend à décroître avec le développement de l’entreprise. Plus on gagne de parts de marché et plus il est difficile d’en gagner. Par ailleurs, votre avantage compétitif va être mis à rude épreuve si vous avez vraiment une forte croissance rentable car tous vos concurrents vont essayer de vous copier ! 

Que vaut mon entreprise si elle a une croissance de 5% par an pendant 10 ans, plus aucune croissance ensuite et disparaît au bout de 30 ans ? 117M€ soit 41,5% de moins que la première estimation…

En fait cette estimation s’avère même très pessimiste pour une raison simple : le taux de croissance n’est pas homogène. En règle générale, si l’entreprise a vraiment du succès, elle présentera une physionomie proche de ceci :

En effet la croissance est très forte en début de cycle et a tendance à se réduire fortement avec le développement de l’entreprise dans l’exemple du graphique. La croissance est de 30% en 2021 pour tomber à 10% en 2029 avant de se réduire encore pour tendre vers 1%.

Cela correspond à une croissance moyenne des flux de trésorerie sur les 30 prochaines années de 7%. 

Que vaut cette entreprise avec 10% de taux d’actualisation en ne comptant que les 30 premières années ? 326,2M€. Comparez cela aux 200M€ avec les 5% de croissance perpétuelle…

Vous voulez que votre entreprise soit très bien valorisée ? Elle doit dégager rapidement une forte croissance rentable avec une dynamique de croissance et donc l’avantage compétitif le plus durable possible ! 

Les modèles les plus avancés de Retout- Eval XP

Spécialistes du chiffres, nous connaissons bien les limites des modèles DCF et nos modèles sont ajustés sur-mesure afin de valoriser au mieux votre business plan et votre « histoire d’entreprise ». 

La méthodologie RETOUT – Eval XP propose les  spécificités suivantes :

  • Prise en compte de la dynamique de croissance en fonction de votre avantage compétitif (comme présenté rapidement ci-dessous) 
  • Evolution des dépenses en projection de coûts directs/indirects et fixes/variables 
  • Modèle probabilisé pour prise en compte de toutes les incertitudes 
  • Evolution du BFR suivant les tendances de l’activité avec notamment les aspects saisonnalités 
  • Evolution des niveaux d’investissement suivant les tendances de l’activité et notamment les aspects cycles d’investissement 
  • Modèle granulaire pour éviter les effets moyennes (notamment sur le BFR, les ventes et les coûts directs) 
  • Evolution de la structure de capital et des conditions de financement

Bref, nous avons de quoi donner un chiffre qui fasse sens pour valoriser votre business plan, business plan que nous pouvons par ailleurs vous aider à réaliser !

Le mois prochain dans notre newsletter : MÉTHODE « DCF », LES PIÈGES À ÉVITER (2/2) : l’art et la manière de tenter d’estimer le WACC.

Benjamin FORESTIER

Partner Retout EvalXP

Professeur Affilié Ecole Polytechnique

Patrick LEGLAND

Partner Retout EvalXP

Prof. Affilié Ecole HEC Paris

QUI SOMMES-NOUS

Entièrement dédié à l’Evaluation et la Valorisation d’actifs, RETOUT-EVAL XP est la combinaison d’un groupe d’expertise-comptable, audit et conseil présent à Paris et régions (Île-de-France, Normandie, Centre, Rhône-alpes) de 135 personnes et de spécialistes de tout 1er plan en valorisation d’actifs.

Patrick LEGLAND, Professeur Affilié à HEC Paris, Département Finance, qui enseigne notamment dans le master International of Finance (« MIF »), élu meilleur Master en Finance dans le monde
Il dirige par ailleurs le programme certifiant HEC Paris – Ordre des Experts Comptables, qui forme les Experts Comptables a devenir Directeur Financier de transition. Depuis plus de 25 ans, Patrick est un professionnel de la finance haut de bilan, spécialiste dans l’accompagnement de PME.

Benjamin FORESTIER, Professeur affilié à Ecole Polytechnique Paris, ingénieur spécialiste des secteurs High tech. Depuis plus de 15 ans, Benjamin est un professionnel corporate finance et conseil stratégique qui officie tant pour les Start-up que les grands groupes.

Jean-Paul RETOUT, expert-comptable (DESCF, DEA de gestion Option finance) et titulaire d’un doctorat de gestion de l’université Paris I – Sorbonne. Fondateur du groupe Retout & Associés, il a acquis une forte expertise en Audit et « Transaction Services » pour les PME-PMI et les grands groupes.

Cedric KONOPKA, diplômé SKEMA Business School et université Paris-Dauphine, exerce depuis plus de 18 ans dans le conseil en fusion-acquisition (Banque, Boutique M&A) et le conseil aux PME (Chambre de Commerce et d’industrie de Paris Ile-de-France) dans le cadre de cession & reprise /LBO primaires .

Cette équipe cumule plus de 40 ans d’expérience en finance, banque d’affaires et haute technologie, ainsi que 20 ans d’enseignement en Grandes Ecoles (HEC Paris et Ecole Polytechnique Paris), MBA et programmes de formations executives.

Portée par une exigence d’excellence pour nos clients, cette offre de services dédiée s’adresse aux :

🔹  Start-ups

🔹  VCs et fonds d’investissement

🔹  Family Office – Banques privées/Gestion de fortune – Etudes notariales

🔹  PME-PMI (jusqu’a l’ETI)

Affirmant un positionnement clair, notre spectre de prestations couvre un champ de thématiques précises : 

🔹  Evaluation financière

🔹  Valorisation dans le cadre de levée de fonds, augmentation de capital

🔹  Valorisation de marques (et autres actifs immatériels)

🔹  Valorisation des Management Package (BSA, Stocks options…)

🔹  Expertise dans le cadre de donations/transmissions
 (avec méthodes retenues par les services fiscaux)

🔹  Fairness opinion / Attestation d’équité

🔹  PPA – Purchase Price Allocation

🔹  Modeling & Prévisionnels

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Facturation électronique : quoi de neuf ?

Comme vous le savez déjà, à l’horizon 2026, le recours à la facturation électronique dans les échanges entre entreprises soumises à la TVA et établies en France deviendra obligatoire.

Rappel : la facturation électronique est déjà requise pour les fournisseurs du secteur public.

L’entrée en vigueur de ce dispositif est échelonnée dans le temps en fonction de la taille de l’entreprise et/ou de la nature de l’obligation. Ainsi, au 1er juillet 2024, toutes les entreprises devront pouvoir recevoir des factures électroniques. S’agissant de l’obligation d’émettre des factures électroniques et de transmettre certaines données de transaction à l’administration fiscale l’obligation s’appliquera au :

– 1er juillet 2024 pour les grandes entreprises ;
– 1er janvier 2025 pour les entreprises de taille intermédiaire ;
– 1er janvier 2026 pour les TPE-PME.

Précision : une PME emploie moins de 250 salariés et dégage un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 M€ ou présente un total de bilan n’excédant pas 43 M€ ; une entreprise de taille intermédiaire occupe moins de 5 000 personnes et a un chiffre d’affaires annuel inférieur à 1,5 Md€ ou un total de bilan n’excédant pas 2 Md€. Au-delà, il s’agit d’une grande entreprise.

Afin d’accompagner les entreprises dans la mise en œuvre du dispositif, l’administration fiscale a publié sur son site internet une foire aux questions. Dans sa dernière mise à jour, elle y aborde la possibilité pour les TPE-PME d’anticiper leur entrée dans le dispositif. À ce titre, elle précise que les entreprises qui devancent l’obligation d’émettre des factures électroniques ne sont pas pour autant contraintes, de façon simultanée, par l’obligation de lui transmettre les données de transaction. En effet, elles peuvent appliquer cette obligation ultérieurement, dès lors qu’elles le font au plus tard le 1er janvier 2026. Et elles ne sont pas non plus tenues d’anticiper la réforme pour l’ensemble de leurs factures. Autrement dit, pendant cette période transitoire, elles peuvent choisir, pour chaque facture, entre le format électronique et le format papier.

En pratique : anticiper l’obligation d’émettre des factures électroniques implique pour l’entreprise de respecter les modalités du dispositif, notamment de passer par une plateforme partenaire ou le portail public de facturation (Chorus Pro).


impots.gouv.fr

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Une aide exceptionnelle pour les entreprises de transport routier

Une aide exceptionnelle vient d’être mise en place pour soutenir les entreprises de transport routier qui sont fortement impactées par la hausse des prix des carburants provoquée par la guerre en Ukraine. Plus précisément, sont concernées les entreprises de transport routier de personnes (autocars) ou de marchandises, de transport sanitaire (hors taxis) et de négoce d’animaux vivants.

Conditions pour bénéficier de l’aide

Pour bénéficier de l’aide, les entreprises ne doivent pas avoir de dettes fiscales ou sociales impayées au 31 décembre 2019, sauf si, à la date de dépôt de la demande de l’aide, ces dettes ont été réglées ou sont couvertes par un plan de règlement.

Précision : il n’est pas tenu compte des dettes fiscales dont le montant est inférieur ou égal à 1 500 € ni de celles qui font l’objet, au 1er avril 2022, d’un contentieux pour lequel une décision définitive n’est pas intervenue.

Les véhicules concernés par l’aide sont ceux qui :

– appartiennent à l’entreprise bénéficiaire ou qui sont pris en location par celle-ci dans le cadre d’un contrat de location longue durée ou de crédit-bail ;

– sont effectivement exploités par l’entreprise bénéficiaire, selon les cas, pour du transport routier ou pour le négoce d’animaux vivants ;

– sont en conformité avec les exigences de la réglementation relative au contrôle technique.

Montant de l’aide

Le montant de l’aide, qui est forfaitaire, dépend du secteur d’activité de l’entreprise et du type de véhicule concerné.

Entreprises de transport routier

Pour les entreprises de transport routier, le montant de l’aide est égal à la somme des produits du nombre de véhicules par catégorie que l’entreprise exploite, par le montant unitaire de l’aide fixé comme suit :

– 300 € par ambulance, VSL ou véhicule porteur de transport routier de marchandises d’un PTAC inférieur ou égal à 3,5 tonnes ;

– 400 € par véhicule porteur de transport routier de marchandises d’un PTAC supérieur à 3,5 tonnes et inférieur ou égal à 7,5 tonnes ;

– 550 € par remorque de transport de marchandises d’un poids supérieur ou égal à 12 tonnes, hors semi-remorque ;

– 600 € par véhicule porteur de transport routier de marchandises d’un PTAC supérieur à 7,5 tonnes et inférieur à 26 tonnes ;

– 750 € par véhicule porteur de transport routier de marchandises d’un PTAC supérieur ou égal à 26 tonnes ;

– 1 000 € par autocar ;

– 1 300 € par véhicule tracteur de transport routier de marchandises.

Entreprises de négoce d’animaux vivants

Pour les entreprises de négoce d’animaux vivants, le montant de l’aide est égal à la somme des produits du nombre de véhicules par catégorie que l’entreprise exploite, par le montant unitaire de l’aide fixé comme suit :

– 400 € par véhicule porteur de transport routier d’un PTAC supérieur à 3,5 tonnes et inférieur ou égal à 7,5 tonnes ;

– 550 € par remorque de transport routier d’un poids supérieur ou égal à 12 tonnes, hors semi-remorque ;

– 600 € par véhicule porteur de transport routier d’un PTAC supérieur à 7,5 tonnes et inférieur ou égal à 26 tonnes ;

– 750 € par véhicule porteur de transport routier d’un PTAC supérieur à 26 tonnes ;

– 1 300 € par véhicule tracteur de transport routier.

Procédure de demande de l’aide

Pour bénéficier de l’aide, les entreprises doivent s’enregistrer auprès de l’Agence de services et de paiement (ASP) avant le 31 mai 2022. À ce titre, des informations pratiques sont données sur le site de l’ASP.

Si l’ASP le demande, les entreprises devront lui communiquer les documents attestant de leur éligibilité à l’aide ainsi que de celle des véhicules qu’elles exploitent.

À noter : les entreprises qui bénéficieront de l’aide au transport routier ne pourront pas bénéficier de l’aide au négoce d’animaux vivants.

Et attention, l’ASP pourra procéder à des contrôles a posteriori et, le cas échéant, au recouvrement des sommes indues. Un recouvrement qui pourra être majoré de 50 %.


Décret n° 2022-511 du 8 avril 2022, JO du 9

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