Professions libérales

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Infirmiers : inscription automatique à l’Ordre national

En octobre dernier, le Conseil d’État avait publié une décision imposant au Premier ministre de publier ce décret dans un délai de 6 mois, sous peine d’astreinte de 500 € par jour de retard. C’est désormais chose faite !

Le décret présente les étapes de la procédure d’inscription des infirmiers, modifie le code de la Santé publique et prévoit que les listes nominatives départementales, pour l’inscription au tableau de l’Ordre, portent la mention « titulaires d’un titre de formation ou d’une autorisation d’exercice requis pour l’exercice de la profession qui sont employés par des structures publiques ou privées ».

À noter : pour les infirmiers en poste non-inscrits au tableau de l’Ordre à la date de publication du décret, il leur faudra fournir une copie de leur pièce d’identité, des titres de formation ou autorisations d’exercer, ainsi qu’une déclaration sur l’honneur certifiant « qu’aucune instance pouvant donner lieu à condamnation ou sanction susceptible d’avoir des conséquences sur l’inscription au tableau n’est en cours à leur encontre ».


Décret n° 2018-596 du 10 juillet 2018, JO du 12

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Commissaires-priseurs : responsabilité en cas de doute sur la valeur d’un bien vendu

Lors d’une vente aux enchères organisée par le Crédit municipal de Paris, avec le concours d’un groupement d’intérêt économique (GIE) de commissaires-priseurs, une personne s’était portée acquéreur, pour 1,8 M€, d’une statue en bronze représentant « un satyre portant Bacchus ». Un certificat d’authenticité délivré par un expert la datait du 1er siècle avant Jésus-Christ. Or, 2 expertises effectuées après la vente avaient établi que cette statue datait en réalité du 18e siècle.

Suite à l’action en justice formée par l’acheteur, la Cour d’appel de Paris a annulé la vente et condamné l’ex-propriétaire de la statue à lui restituer le prix de vente.

Mais les juges ont également condamné le GIE des commissaires-priseurs, ainsi que le Crédit municipal de Paris et l’expert, à indemniser l’acquéreur en réparation de son préjudice moral (7 000 €) et de son préjudice matériel (28 743 €). Le GIE devant également rembourser à l’acheteur le montant des frais d’adjudication s’élevant à plus de 255 000 €.

Confirmant l’arrêt de la cour d’appel, la Cour de cassation a estimé que le GIE des commissaires-priseurs avait commis une faute engageant sa responsabilité envers l’acquéreur de la statue. En effet, le GIE « qui bénéficiait d’une connaissance dans le domaine des arts et admettait avoir éprouvé un doute sur l’estimation du bronze, l’ayant conduit à demander l’institution d’une seconde expertise, avait, en dépit de ce doute, procédé à la vente du bien sans émettre la moindre réserve sur sa valeur dans le catalogue ». Au contraire, il avait même mis en avant le caractère exceptionnel de la statue et son appartenance à une collection familiale afin d’augmenter l’attrait des acquéreurs potentiels et de renforcer leur croyance en son authenticité.

À noter : pour se dédouaner, le GIE invoquait le fait qu’il n’était pas l’organisateur de la vente aux enchères. Un argument non suivi par la Cour de cassation.


Cassation civile 1re, 3 mai 2018, n° 16-13656

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Ophtalmologistes : plus de délégation des tâches en cabinet

Pour le SNOF, la délégation de tâches permet de réduire les délais d’attente tout en garantissant aux patients un parcours de soins sécurisé. Or depuis le début d’année, il note une accélération de la mise en place du travail aidé et le déploiement des protocoles organisationnels dans toute la France.

Une enquête réalisée pendant le 1er semestre 2018 auprès des adhérents du syndicat révèle que 60 % des ophtalmologistes utilisent le travail aidé, majoritairement avec des orthoptistes (en 2015, ils n’étaient que 30 %). Soit une avancée importante pour l’objectif de 80 % de travail aidé en 2025.

Ces délégations ont d’ores et déjà des effets positifs, puisqu’en 2017, les délais d’attente se sont stabilisés à 87 jours, et le nombre de patients vus a augmenté de 26 %.

Et elles devraient encore améliorer ces chiffres puisqu’en 2018, 3 nouveaux protocoles organisationnels se mettent en place pour faciliter le parcours de soins des patients :
– le protocole Muraine, qui permet aux orthoptistes de réaliser l’ensemble du bilan visuel au sein d’une structure à distance et de télétransmettre les résultats pour interprétation aux ophtalmologistes, sans présence du patient ;
– Le RNO qui autorise l’orthoptiste à réaliser un bilan visuel en l’absence de l’ophtalmologiste dans le cadre du renouvellement ou de l’adaptation des corrections optiques chez les patients de 6 à 50 ans avec lecture médicale du dossier en différé ;
– La Rétinopathie diabétique qui permet à l’orthoptiste de faire des examens pour les télétransmettre à l’ophtalmologiste qui analysera les résultats.

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Professionnels de santé : objectif 2 milliards d’euros d’économies en 2019

Les mesures d’économies proposées par la CNAM doivent permettre de contenir l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) à 2,3 %, alors qu’il est naturellement en croissance de 4 %.

Parmi les mesures proposées, on trouve 1,4 milliard d’euros d’économies uniquement sur la partie « Pertinence des prescriptions et des actes ». Cela correspond notamment à 215 millions d’euros de maîtrise des prescriptions de médicaments de médecine générale, 70 millions pour les médicaments de spécialité, 175 millions sur les transports en ville et à l’hôpital, 100 millions sur les indemnités journalières, 160 millions grâce à la diffusion des génériques et biosimilaires, 95 millions de maîtrise des prescriptions de biologie, 120 millions pour les soins paramédicaux, ou encore 165 millions d’euros sur les actes médicaux et chirurgicaux et les examens en ville et à l’hôpital.

La CNAM espère également de grosses économies sur la « pertinence des prises en charge » (c’est-à-dire un moindre recours à l’hôpital et le développement d’alternatives à l’hospitalisation). Cela devrait entraîner 410 millions d’euros d’économies dont 200 millions uniquement avec l’essor de la chirurgie ambulatoire et 70 millions d’euros grâce aux programmes de retour à domicile (PRADO maternité, chirurgie, insuffisance cardiaque et BPCO).

Enfin, des actions de lutte contre la fraude en ville et à l’hôpital sont prévues comme l’an passé, pour recouvrer un montant estimé à 220 millions d’euros.

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Notaires : responsabilité pour manquement au devoir de conseil

Les notaires ont une obligation de conseil à l’égard de leurs clients.

À ce titre, dans une affaire récente, un notaire a vu sa responsabilité engagée pour avoir manqué à son devoir de conseil à l’égard d’un client qui avait vendu un bien immobilier en viager. Ce dernier lui avait reproché de ne pas lui avoir conseillé de prévoir un bouquet (somme d’argent que l’acquéreur paie au moment de l’achat), en plus de la rente mensuelle. À juste titre, donc, selon la Cour de cassation.

À noter : la cour d’appel avait, quant à elle, écarté la responsabilité du notaire car, selon elle, la possibilité de stipuler un bouquet lors d’une vente en viager est connue de tous et le notaire avait légitimement pu considérer que les parties en avaient discuté et avaient décidé de ne pas en prévoir, les modalités de la vente étant leur affaire. Sa décision a donc été censurée par la Cour de cassation.


Cassation civile 1re, 3 mai 2018, n° 16-20419

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Médecins : les Français dans la moyenne des pays développés

La base de données de l’OCDE permet de comparer les revenus bruts des médecins (avant paiement de l’impôt sur le revenu et cotisations sociales, mais après déduction des frais professionnels des libéraux). Selon les données de cette base, les généralistes libéraux français sont plutôt défavorisés. Classés à la 11e place sur 15, leur revenu annuel (en parité de pouvoir d’achat) s’élève à 131 000 $, soit moins que les Allemands (1ers du classement avec un revenu annuel de 214 000 $), et les Anglais (145 000 $), mais mieux que les Estoniens (60 000 $), derniers du classement.

Les spécialistes libéraux français (toutes disciplines confondues) s’en sortent mieux avec un revenu annuel (en parité de pouvoir d’achat) à 220 000 $, au 6e rang du classement, dont les premiers sont les Luxembourgeois (406 000 $) et les Belges (322 000 $). Les derniers étant les Tchèques (70 000 $).

Concernant les salariés, le classement des spécialistes français est là aussi assez faible : avec un revenu annuel de 100 000 $ (en parité de pouvoir d’achat), ils se situent à la 16e place des 28 pays pour lesquels l’OCDE dispose de données.

Attention : ces données sont à relativiser dans la mesure où certains pays ne prennent pas en compte la totalité des revenus des médecins en activités mixtes par exemple, d’autres prennent en compte les revenus des médecins en formation forcément plus faibles…

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Psychiatres : des pistes pour adapter les soins des patients

Selon le rapport, 14,5 % des dépenses totales de l’Assurance maladie, en 2016, ont été consacrées à la santé mentale, derrière les hospitalisations, mais devant les cancers et maladies cardio-neuro-vasculaires. Soit plus de 20 Mds€ pour 7 millions de personnes (plus d’1 Français sur 10).

Or, selon la cartographie médicalisée des dépenses de santé, la CNAM a relevé un sur-risque très important de maladies cardio-neuro-vasculaires et de cancers du poumon pour les personnes atteintes de pathologies psychiatriques. Ces patients ont, en effet, 2 fois plus de risques d’être pris en charge pour une ou plusieurs pathologies de ce type (AVC, insuffisance cardiaque aiguë, AOMI, embolie pulmonaire aiguë…). Ce risque s’expliquerait par des facteurs intrinsèques à ces populations (effets secondaires des traitements, usage de tabac, stress), mais aussi par une prise en charge moins adaptée et un moindre recours aux soins.

Pour faire diminuer ce risque, la CNAM souhaite favoriser le développement et le renforcement d’une offre de soins médicaux somatiques spécifique dédiée aux publics atteints de pathologiques psychiatriques lourdes. Elle souhaite également adapter les campagnes et actions de prévention cardiovasculaire et de dépistage des cancers aux spécificités de ces populations. Enfin, elle suggère aussi de revoir les prescriptions de psychotropes en introduisant des indicateurs relatifs à cette prescription dans la rémunération sur objectif de santé publique (ROSP) des médecins traitants.

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Notaires : absence d’autorisation d’urbanisme et devoir d’information

Un chalet avait été acheté en mars 2011. À cette occasion, interrogé par le notaire, l’architecte chargé de la réalisation de travaux ayant fait l’objet d’un permis de construire en août 2007 et d’un permis modificatif en janvier 2010 avait remis à l’acquéreur des plans et des documents administratifs. Par ailleurs, il avait attesté que le chalet, dans sa version existante, était conforme au dernier permis de construire obtenu en 2010. Constatant que le sous-sol du chalet avait été aménagé en espace d’habitation sans autorisation d’urbanisme, l’acheteur avait assigné le vendeur sur le fondement du dol et le notaire, en paiement de dommages-intérêts, pour manquement à son devoir de conseil. Une demande de mise en cause que la Cour de cassation vient de rejeter. Les juges ont ainsi rappelé, à l’appui de leur décision que le notaire avait réclamé à l’architecte de lui fournir les permis de construire, ainsi que toutes pièces écrites, graphiques et tous plans. Qu’en outre, ce dernier lui avait indiqué par lettre qu’une visite des locaux par le service d’urbanisme lui avait permis d’obtenir le 12 mars 2010 une attestation de non-contestation de conformité des travaux, en omettant toutefois d’en préciser les limites, et mentionné que le chalet était, dans sa version existante, conforme au dernier permis de construire. Dès lors, « il ne pouvait être reproché au notaire, en présence de l’attestation précise et circonstanciée remise par l’homme de l’art, d’avoir manqué à son devoir d’information au préjudice de l’acquéreur ».


Cassation civile 3e , 5 juillet 2018, n° 17-20121

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ORL : les généralistes empêchés de prescrire des prothèses auditives ?

Jusqu’à présent, les médecins généralistes étaient habilités à prescrire des prothèses auditives, mais cela pourrait bien changer. Un avis de projet de modification propose que seuls les médecins ORL aient le droit de la primo-prescription des appareils auditifs.

Selon les syndicats d’ORL, ce projet est cohérent dans la mesure où les généralistes ne sont ni formés, ni équipés de matériels adéquats (microscope pour regarder le tympan, tympanométrie…) pour détecter les pathologies. Pour rappel, la formation initiale des ORL, dont le 3e cycle dure 6 ans, comporte en plus des enseignements anatomiques, physiologiques et chirurgicaux sur l’oreille, un semestre dédié à la pratique et à l’interprétation des explorations fonctionnelles cochléo-vestibulaires.

De leurs côtés, les syndicats de généralistes demandent au gouvernement de revoir ce projet en limitant l’obligation de prescription d’un appareillage auditif par un ORL uniquement dans certaines situations pathologiques.


Avis de projet de modification des modalités de prise en charge de dispositifs médicaux et prestations associées pour la prise en charge d’aides auditives, JO du 21 juin 2018

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Sages-femmes : rapport d’activité 2017 de l’Ordre

2017 a connu plusieurs événements importants pour la profession : le changement à la tête du Conseil national de l’Ordre, la réforme concernant l’ensemble des ordres de santé, la mise en place de nouvelles compétences pour les sages-femmes (vaccination de l’entourage de la femme enceinte, prescription de substituts nicotiniques…), la polémique sur les violences obstétricales…

C’est dans ce contexte que l’Ordre revient sur son activité dans un rapport détaillé. Il y décrit ses activités disciplinaires, son budget, ses travaux, son livre blanc pour la profession, ses outils de communication, ou encore ses actions à l’international… Il donne ainsi, par exemple, un premier bilan des maisons de naissance, ces 8 lieux expérimentaux dédiés aux naissances placés sous la responsabilité de sages-femmes, et qui ont connu environ 500 naissances au cours de l’année 2017 sans pouvoir satisfaire à toutes les demandes ; ou encore la poursuite de numérisation de la profession grâce à différents outils à destination des praticiens et des instances ordinales (messagerie sécurisée, formalités ordinales en ligne…).

Pour consulter le rapport d’activité 2017 : www.ordre-sages-femmes.fr

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