High-tech

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Zoom sur la crise des semi-conducteurs

Malgré la reprise économique, nombre d’industries tournent au ralenti en raison d’une pénurie de puces électroniques. Les constructeurs automobiles sont particulièrement touchés, notamment en Europe. Un continent qui, une fois de plus, se trouve fortement pénalisé en raison de sa dépendance aux entreprises asiatiques. Six questions pour mieux appréhender les raisons et les conséquences de cette crise.

Qu’appelle-t-on un semi-conducteur ?

Un semi-conducteur est un matériau qui a pour spécificité d’être plus ou moins conducteur de courant électrique. Cette conductivité dépend des matières premières qui entrent dans sa composition (silicium, germanium, carbure de silicium…) et de son processus de fabrication (introduction d’impuretés pour modifier les propriétés électriques du semi-conducteur).

Les semi-conducteurs prennent la forme de plaques ultrafines que l’on vient empiler les unes sur les autres. On peut les comparer à des transistors microscopiques. Ils sont utilisés pour produire des puces électroniques qui, elles-mêmes, équipent nombre d’appareils que nous utilisons chaque jour (voitures, avions, électroménager, smartphones, objets connectés, montres, jouets…).

Qui les fabrique ?

Produire des semi-conducteurs est un processus complexe qui nécessite des investissements énormes. Raison pour laquelle peu d’entreprises dans le monde sont en mesure de le faire et pourquoi la plupart des fabricants de puces électroniques sous-traitent cette activité à des fonderies très spécialisées.

La plus importante, TSMC, est basée à Taïwan. À elle seule, elle produit plus de 50 % des semi-conducteurs de la planète et détient 85 % du marché mondial des semi-conducteurs mesurant moins de 7 nm. Plus les semi-conducteurs sont fins, et plus il devient possible d’en empiler au sein d’une puce électronique. Et plus une puce contient de semi-conducteurs, plus elle est puissante. C’est pourquoi ces semi-conducteurs ultrafins sont très prisés par les fabricants de processeurs équipant des matériels de pointe (ordinateurs, smartphones…).

Samsung, le Coréen, est également capable de produire ce type de semi-conducteurs. Côté américain, Untel a annoncé la fabrication de ses premières puces en 7 nm pour 2023. Quant à IBM, il devrait lancer un processeur de cette catégorie destiné à ses serveurs d’ici la fin de l’année et a récemment annoncé être en mesure de produire une feuille de semi-conducteur épaisse de seulement 2 nm. Cela permettrait, selon IBM, d’accroître de 45 % les performances d’un semi-conducteur de 7 nm et de réduire de 75 % sa consommation d’énergie. Aucune date de sortie de ces semi-conducteurs de 2 nm n’a été précisée par IBM.

Pour mémoire, l’Europe, dont les entreprises de semi-conducteurs ne détiennent qu’un peu plus de 8 % du marché mondial, ne dispose d’aucune fonderie majeure capable de produire des composants de moins de 22 nm. Les deux leaders européens sont l’Allemand Infineon et le Franco-Italien STMicroelectronics.

Quelle est l’origine de la pénurie ?

Les raisons qui expliquent cette pénurie sont multiples. Il y a d’abord la crise du Covid-19, qui a ralenti la production de ces fonderies, alors que, dans le même temps, la demande de produits électroniques (ordinateurs portables, téléviseurs, consoles de jeu) s’envolait en raison du confinement et du télétravail.

À cela est venue s’ajouter une demande de puces électroniques dopée par le déploiement de la technologie 5G qui implique la production de nouvelles antennes mais surtout de nouveaux smartphones plus puissants. Sans parler du succès de plus en plus soutenu des objets connectés et du redressement rapide de la consommation intérieure chinoise, après la première vague épidémique.

Selon IDC, le marché des semi-conducteurs mondial a augmenté de 5,4 % en 2020, malgré la crise sanitaire, pour atteindre 442 milliards de dollars. Il pourrait atteindre 476 milliards de dollars en 2021 et connaître ainsi une hausse de 7,7 % sur ce dernier exercice.

Quelles sont les conséquences de cette crise ?

Cette pénurie entraîne, avant tout, des retards de production. C’est le cas dans l’informatique et l’électronique, où les délais de livraison s’allongent. Des retards qui s’accompagnent d’une hausse des prix induite par la « rareté » des produits disponibles et par la flambée des coûts du transport maritime (l’indice composite de Drewry qui mesure le coût de transport des conteneurs a augmenté de 290 % en un an).

Une inflation qui pourrait continuer à s’accroître compte tenu de l’annonce d’une augmentation de 10 à 20 % de ses prix par TSMC.

Pourquoi l’automobile est-elle si touchée ?

Dans l’automobile, cette crise a contraint des constructeurs de premier plan à mettre temporairement à l’arrêt certaines de leurs usines. Ce fut le cas, notamment, du leader mondial Toyota, qui, au cours du mois de septembre dernier, a dû réduire sa production de 40 %. Un coup de frein qui est venu affecter ses sites chinois, américains, européens mais également japonais. Sur l’archipel, 14 usines ont ainsi été placées à l’arrêt ou ont vu leur fonctionnement fortement ralentir.

En réalité, exception faite de Tesla, les plus gros constructeurs automobiles ont été contraints de revoir leur production 2021 à la baisse en raison de la pénurie de semi-conducteurs. Renault prévoit ainsi une perte de production de 500 000 véhicules en 2021 et Stellantis (PSA, Fiat-Chrysler) de 1,4 million de véhicules. De son côté, Volkswagen vient d’annoncer un manque à produire de 600 000 véhicules sur le 3e trimestre 2021 et ne table plus que sur une production annuelle proche de celle de 2020. Année de crise qui avait vu ses ventes baisser de 15,2 % par rapport à 2019.

Pour le cabinet IHS Markit, l’impact des pénuries, et principalement celle de semi-conducteurs, devrait faire chuter la production mondiale de véhicules de 12 % en 2021, soit un manque à produire de 10,6 millions d’unités.

Pour mémoire, plus de 1 000 puces électroniques sont nécessaires à la fabrication d’un véhicule thermique (et encore plus pour un hybride ou un 100 % électrique). En outre, nombre des puces utilisées, moins performantes que celles destinées à l’informatique et aux équipements high tech, sont massivement assemblées, contrôlées ou encapsulées, à bas coût, dans les pays comme la Malaisie ou le Vietnam. Des pays dans lesquels la circulation du Covid-19 impose depuis des mois de fortes restrictions sanitaires. La situation ne devrait donc pas s’arranger avant, d’une part, une augmentation des capacités de production des principales fonderies de semi-conducteurs et, d’autre part, un véritable redémarrage des sous-traitants des constructeurs, qui ne pourra s’opérer qu’avec un retour sanitaire à la normale dans le sud-est asiatique.

À quand un retour à la normale ?

Espéré pour la fin de l’été 2021, le retour à la normale n’interviendra pas, selon les experts, avant mi-2022. Interrogé par le Wall Street Journal, le 22 juillet dernier, Pat Gelsinger, le PDG d’Intel, voyait même cette pénurie perdurer jusqu’à 2023.

Au-delà de cette crise, et pour éviter qu’elle ne se reproduise, TSMC vient d’annoncer un investissement de 100 Md$ pour accroître sa production sur les 3 prochaines années. Intel devrait également construire trois nouvelles usines de semi-conducteurs dont deux aux États-Unis et une en Europe. Sur le vieux continent, cela représente un investissement de 93 Md$ sur 10 ans pour le fabricant américain. L’emplacement où se trouvera cette usine sera dévoilé d’ici la fin de l’année, précise l’AFP.

Quant aux Européens, ils souhaitent retrouver une certaine autonomie en doublant la capacité des usines de l’Union européenne d’ici 2030. Une ambition qui sera soutenue par une loi cadre européenne, « Européen Chips Act », dont l’objectif est de défendre la souveraineté technologique européenne. La France, à son niveau, va affecter 6 Md€ sur les 30 Md€ que compte son plan d’investissement, au secours d’une production nationale de semi-conducteurs renforcée.

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Les smartphones 5G sont conformes en termes d’émission d’ondes

L’ANFR a notamment pour mission de surveiller le marché des téléphones portables, selon le cadre fixé par la directive européenne Radio Equipement Directive. Elle vient de réaliser pour cela le contrôle du débit d’absorption spécifique (DAS) de 46 terminaux, notamment 13 téléphones 5G qui mettent en œuvre de nouvelles fonctionnalités. Le DAS permet de quantifier l’énergie transportée par les ondes électromagnétiques et absorbée par le corps humain. Selon les normes de l’Union européenne, cette énergie ne peut dépasser 2 W/Kg pour le DAS tronc, et 4 W/Kg pour le DAS membre.

Aucun dépassement des limites maximales

Selon les tests réalisés par l’ANFR, en moyenne, la valeur mesurée des DAS tronc pour les terminaux contrôlés s’établit à 0,979 W/kg (avec des niveaux variant de 0,439 à 1,80 W/kg). La valeur moyenne pour les DAS membre est de 2,263 W/kg, les niveaux variant de 1,3 à 3,89 W/kg. Elle n’a relevé aucun dépassement des limites maximales pour les 13 smartphones 5G, même si l’agence a constaté des augmentations moyennes de 0,4 % pour le DAS tronc et de 1,8 % pour le DAS membre, qui s’expliquent par l’utilisation simultanée des deux réseaux 4G et 5G lorsque les antennes 4G et 5G sont co-localisées.

Pour consulter les rapports de mesures : https://data.anfr.fr/, rubrique DAS.

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Un Baromètre sur l’évolution de la transformation numérique des TPE/PME

Réalisé par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC), ce baromètre doit permettre d’évaluer le chemin parcouru par les TPE/PME, notamment l’impact de la crise sanitaire, et d’identifier les freins et les leviers de leur transformation numérique. Les premiers résultats montrent que globalement les dirigeants voient de plus en plus d’intérêt au numérique : 79 % estiment que ces outils facilitent leur communication avec leurs clients, 78 % qu’ils représentent un bénéfice réel pour leur entreprise et 59 % qu’ils rendent plus simple et plus fluide la communication avec leurs employés et leurs collaborateurs.

De plus en plus d’outils numériques

66 % des entreprises interrogées ont un site internet (contre 37 % en 2020), 43 % une plate-forme de partage de documents entre collaborateurs (17 % en 2020), 33 % des outils de collaboration professionnelle (21 % en 2020) et 20 % un site marchand (contre seulement 9 % avant la crise sanitaire).

Mais ces évolutions ne touchent pas les différents secteurs d’activité de la même façon. Les TPE/PME les mieux équipées sont celles des secteurs de l’hébergement et de la restauration. 81 % des entreprises de ce secteur disposent au moins d’une solution de visibilité (site internet, compte sur un réseau social…). À l’inverse, seules 41 % des entreprises du bâtiment et de la logistique disposent d’outils de visibilité. Ces dernières préférant investir sur les solutions techniques dédiées à la gestion de stock ou à la facturation.

Pour consulter le baromètre France Num : www.francenum.gouv.fr

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Un Livre blanc sur les moyens de paiement et l’usage des données

Alors que les moyens de paiement sont en pleine évolution (augmentation des paiements sans contact, recul de l’usage des espèces, euro numérique…), ils posent aussi d’importantes questions en matière de respect de la vie privée et de la protection des données personnelles. Il est en effet aujourd’hui tout à fait possible à partir des données de paiement (données bancaires, contextuelles, données d’achat) de retracer des activités personnelles ou de cerner les comportements d’individus.

Respecter les données personnelles

Face à ces enjeux, la CNIL propose un livre blanc sur les enjeux économiques, juridiques et sociétaux des données et des moyens de paiement. Les professionnels y trouveront des informations sur les points de vigilance que la CNIL a relevés. Une commission qui propose des pistes d’accompagnement, sur des sujets aussi variés que la question de l’anonymat, les risques liés à la numérisation des opérations de paiement, en passant par l’utilisation des cryptomonnaies, ou encore la déclinaison des principes du RGPD dans le domaine des paiements.

Pour consulter le livre blanc : www.cnil.fr

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Évaluez votre niveau de cybersécurité

Les cyberattaques se multipliant, il est indispensable aujourd’hui de prendre des mesures efficaces pour protéger l’entreprise elle-même, ses documents, les données personnelles qu’elle héberge, mais aussi ses relations avec ses partenaires et fournisseurs. Il peut s’agir, par exemple, de se doter d’un ensemble de solution logicielles et matérielles efficace contre les attaques et régulièrement mis à jour, de protéger ses informations sensibles ou encore de sensibiliser ses salariés à la cybersécurité, via la rédaction de charge d’usage ou la mise en place de formation régulières.

Établir un diagnostic

Pour savoir où en est l’entreprise dans ses niveaux de protection, un simulateur d’autodiagnostic est accessible en ligne, sans avoir besoin de connaissance technique particulière. Ces tests simples délivrent un code couleur semblable aux étiquettes nutriscore. Il est ainsi possible d’y vérifier la solidité des mots de passe, ou que les pages web du site protègent bien les informations personnelles et ne les laissent pas fuiter, la bonne gestion des serveurs de l’entreprise ou encore des courriels.

Pour accéder à l’autodiagnostic : https://ssi.economie.gouv.fr/

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7 édition du Baromètre Fraude et Cybercriminalité 2021

Comme tous les ans, le baromètre Fraude et Cybercriminalité réalisé par l’assureur Euler Hermes et l’Association nationale des directeurs financiers et de contrôle de gestion (DFCG) a sondé près de 300 entreprises en France pour connaître leur exposition et leur ressenti en matière de fraudes et de cybercriminalité. Le constat est sans appel : les attaques restent récurrentes avec une efficacité croissante des fraudeurs. 2 entreprises sur 3 ont, en effet, subi au moins une tentative de fraude, et 1 entreprise sur 5 a vécu plus de 5 attaques. Les fraudeurs parviennent à leurs fins environ toutes les 4 tentatives, 28 % des entreprises ayant subi au moins une fraude avérée. Ces fraudes ont un coût pour l’entreprise : 33 % d’entre elles chiffrent le préjudice à plus de 10 000 €, 14 % à plus de 100 000 €.

Un effet Covid-19 ?

Le Baromètre 2021 s’intéressait spécifiquement cette année au contexte sanitaire et économique : la crise Covid-19 a-t-elle accentué le risque de fraude pour les entreprises ?

Il semblerait bien. En effet, près d’une entreprise sur deux a remarqué une recrudescence des attaques avec le recours massif au télétravail. Toutefois, la plupart des entreprises (67 %) travaillent à renforcer leurs procédures de sécurité afin de se protéger contre cette nouvelle vulnérabilité et limiter leur exposition au risque de fraude.


www.eulerhermes.fr

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Bientôt un chargeur commun pour tous les appareils électroniques

En quelques années, la collaboration entre industriels a déjà permis de diminuer le nombre de chargeurs de téléphones portables différents. Mais il reste encore actuellement trois modèles différents. Avec la multiplication des appareils, smartphones, tablettes, appareils photo, écouteurs, haut-parleurs portables, consoles de jeux vidéo portables…, de plus en plus de chargeurs sont vendus et restent dans les tiroirs. Pour la Commission européenne, il est temps de prendre des mesures législatives pour imposer un chargeur commun.

Un port de charge rapide USB-C

Concrètement, elle demande la création d’un port de charge USB-C pour tous les appareils électroniques, quelle que soit la marque de l’appareil. Ce port devra proposer la technologie de charge rapide afin d’éviter que certains producteurs limitent de manière injustifiée la vitesse de charge. Elle souhaite également que la vente du chargeur soit dissociée de la vente de l’appareil électronique. Enfin, les industriels devront fournir des informations notamment sur les performances de charge.

Ces propositions devront être adoptées dans les prochains mois par le Parlement européen et le Conseil avant qu’une période de transition de 24 mois laisse aux industriels le temps de s’adapter dans la perspective de l’entrée en application d’un texte européen.

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Comment gérer le BYOD dans l’entreprise ?

Entre le télétravail et la hausse du niveau d’équipement informatique des particuliers, il arrive souvent qu’un salarié utilise son propre ordinateur pour accomplir une tâche professionnelle. Un mélange des genres qui peut mettre en danger les données de l’entreprise. Explications.

Le BYOD ?

Le BYOD, pour « bring your own device » ou « apportez votre propre matériel », sur votre lieu de travail (ou l’utiliser chez vous en télétravail), est une pratique qui s’est fortement développée depuis que les smartphones, les ordinateurs portables et les tablettes se sont invités dans les foyers français. Un choix fait par ceux qui estiment (souvent à juste titre) que leur propre matériel est plus performant que celui fourni par l’entreprise ou qui souhaitent, via un seul et même outil, mener de front à la fois leurs activités professionnelles et leurs activités personnelles.

Or cette pratique n’est pas sans risque dans la mesure où elle met l’entreprise dans l’impossibilité d’assurer la protection de son réseau et des données qui y sont stockées. L’entreprise est ainsi exposée à la perte des données qu’abrite la machine de son collaborateur en cas de panne, de perte ou de vol, à des intrusions réalisées par des hackers via cette machine, à des atteintes à la confidentialité des données stockées ou encore à la contamination du réseau par un malware.

La tentation d’interdire cette pratique

Assurer la sécurité d’un réseau suppose d’avoir la main sur chacune de ses composantes. Or, ce n’est plus le cas avec le BYOD. Raison pour laquelle dans ses « recommandations pour la protection des systèmes d’information essentiels », l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) considère qu’un « SI maîtrisé ne peut intégrer les pratiques de bring your own device (BYOD) où des personnes peuvent connecter au SI des équipements personnels dont l’opérateur ne maîtrise pas le niveau de sécurité ».

Concrètement, pour l’Anssi, un poste maîtrisé est « un poste de travail fourni, configuré et maintenu par l’opérateur. D’une part, il ne peut s’agir d’un équipement personnel et d’autre part, l’utilisateur ne peut être administrateur du poste, le niveau de sécurité pouvant alors être directement modifié par l’utilisateur ».

Dans une optique purement sécuritaire, le BYOD est donc à proscrire.

Le choix des collaborateurs

Du côté des collaborateurs, plusieurs éléments expliquent le recours à des solutions logicielles ou matérielles autres que celles de l’entreprise :
– Le fait d’ignorer que ces pratiques sont interdites ou non recommandées ;
– L’impossibilité de ramener chez soi le matériel informatique de l’entreprise ;
– L’obsolescence ou la moindre qualité du matériel ou des solutions logicielles mis à disposition par l’entreprise ;
– Un excès de règles de sécurité qui dégradent les conditions d’utilisation des matériels et logiciels fournis ;
– Le refus d’utiliser plusieurs outils, notamment plusieurs smartphones.

Des motivations fortes et cohérentes qui doivent être prises en compte par les entreprises avant d’envisager une simple interdiction du BYOD. Car interdire le BYOD, sans autre forme de procès, les expose au « Shadow IT », autrement dit à devoir faire face à l’utilisation non déclarée de matériels et de logiciels de communication. Une pratique encore plus à risque pour l’entreprise car totalement clandestine.

Le recours au COPE…

Pour limiter ces risques du BYOD « clandestin », l’entreprise dispose de deux possibilités. La première consiste à proscrire l’utilisation d’une machine personnelle dans le cadre professionnel. Mais attention, cette exigence, comme nous l’avons déjà évoquée, ne sera entendue qu’à la condition que le matériel fourni soit aussi performant et convivial que celui du salarié.

Une phase d’échange devra donc être engagée pour mieux comprendre les besoins des collaborateurs, mais aussi pour leur rappeler les dangers que l’utilisation d’une machine ou d’un logiciel « extérieur » fait peser sur l’entreprise.

En outre, il conviendra d’autoriser les collaborateurs, dans un cadre restreint et sécurisé, à utiliser le matériel de l’entreprise pour mener quelques actions privées. On parle ici de COPE (« corporate owned, personally enabled » ou « propriété de l’entreprise avec accès privé »).

Ces échanges déboucheront sur la rédaction d’une charte définissant les règles d’utilisation du matériel de l’entreprise à des fins personnelles.

… ou au BYOD très encadré

La seconde solution revient à autoriser le collaborateur à utiliser son propre matériel à titre professionnel, mais uniquement si ce matériel peut être sécurisé par l’entreprise et que son usage soit encadré.

L’idée étant ici de protéger les données professionnelles traitées via l’appareil du collaborateur, mais aussi de consolider la frontière entre les usages et les données professionnelles et personnelles. Voici 5 grandes règles rappelées par la plate-forme gouvernementale Cybermalveillance.gouv.fr sur sa fiche dédiée à la sécurité des usages pro-perso.

Utiliser des adresses de courriel différentes

Une erreur de manipulation peut conduire à adresser un courriel à la mauvaise personne (un message intime à un collègue ou à un prestataire, un dossier professionnel confidentiel à une connaissance). En outre, les risques de voir sa messagerie piratée sont plus importants lorsque l’on utilise des services gratuits. Deux raisons qui plaident pour que l’on ne mélange pas sa messagerie personnelle et sa messagerie professionnelle.

Distinguer les espaces de stockage en ligne

Certains espaces de stockage (Dropbox, Drive…) sont utilisés par des particuliers en raison de leur praticité, mais également de leur gratuité. Mais là encore, leur utilisation pour stocker des données professionnelles, surtout sensibles comme par exemple des fiches clients, des contrats, doit être interdite. Les données professionnelles ne doivent être enregistrées que sur les serveurs sécurisés de l’entreprise (physique ou cloud).

Dans le même esprit, aucune donnée professionnelle ne doit être enregistrée sur le disque dur de la machine au risque d’être perdue ou exposée en cas de panne, de perte ou de vol.

Utiliser des mots de passe différents

La tentation est forte d’utiliser le même mot de passe pour l’ensemble de ses comptes sécurisés. Toutefois, cette pratique est fortement déconseillée dans la mesure où si ledit mot de passe vient à être découvert, toutes les données se trouvent en danger : les données personnelles, mais également celles de l’entreprise. L’utilisation d’un mot de passe différent pour chaque type de compte est donc nécessaire.

Ne pas installer n’importe quel logiciel

Certains logiciels ou applications mis gratuitement à disposition sur internet ou sur des plates-formes de téléchargement peuvent contenir des virus ou des fonctions destinées à espionner leurs utilisateurs. Raisons pour lesquelles il convient d’être très prudent et de n’installer sur les machines utilisées pour des usages pro-perso que des programmes provenant de plates-formes ou d’éditeurs ayant pignon sur rue.

Assurer les mises à jour de sécurité

Comme pour les machines de l’entreprise, les mises à jour de sécurité (systèmes d’exploitation, logiciels anti-malwares, navigateurs…) doivent être installées dès leur publication. Adopter une mise à jour automatique est ici conseillée.

Là encore, une charte définissant les conditions d’utilisation des machines BYOD devra être mise en place dans l’entreprise.

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Autoévaluez votre maturité en gestion de la protection des données

La Cnil appelle « maturité » le formalisme avec laquelle les activités liées à la protection des données (pilotage, gestion du registre, veille juridique, etc.) sont gérées. Dans certaines entreprises, ces activités ne sont pas toujours toutes prises en charge et/ou ne sont pas gérées de manière homogène. Pour permettre aux entreprises d’évaluer leur niveau de maturité et de déterminer comment améliorer leur gestion de la protection des données, la Cnil leur propose un outil d’auto-évaluation.

Établir un plan d’actions

Cet outil est un projet de « modèle de maturité gestion de la protection des données ». Concrètement, il décrit 8 activités types liées à la protection des données avec chacune 5 niveaux de maturité, accompagnées d’exemples d’actions ou productions à chaque niveau de maturité pour chaque activité type sous forme de tableau. Il doit permettre d’établir un plan d’action pour améliorer les écarts constatés entre la pratique et le niveau requit.

Pour consulter l’autoévaluation : www.cnil.fr

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La 5G poursuit son déploiement

La 5G se déploie mieux et plus vite que prévu, a déclaré Cédric O, secrétaire d’État au Numérique et aux Télécoms, qui l’envisage comme un outil d’aménagement du territoire notamment rural, complémentaire de la fibre et de la 4G.

À Paris, après un démarrage laborieux, le déploiement est fulgurant, détrônant Marseille en tête du classement des municipalités françaises les mieux desservies en nombre de sites 5G actifs. Les quatre opérateurs mobiles français sont désormais accessibles aux Parisiens qui veulent accéder à la 5G.

58 083 sites de réseaux mobiles en France

Au total, l’Agence nationale des fréquences (ANFR), qui gère l’ensemble des fréquences radioélectriques en France, comptait 58 083 autorisations de sites de réseaux mobiles en France, toutes générations confondues, au mois d’août 2021. 28 000 sont d’ores et déjà équipés en 5G. Les opérateurs continuent à privilégier la mutualisation de leurs sites, les nouvelles implantations 5G étant autorisées sur les sites existants utilisés par les technologies 2G, 3G ou 4G. Seuls deux sites n’hébergent que de la 5G.

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