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Avocats : paiement des honoraires en l’absence de convention d’honoraires

Sauf en cas d’urgence ou de force majeure ou lorsqu’il intervient au titre de l’aide juridictionnelle totale, un avocat est tenu de conclure avec son client une convention d’honoraires. Celle-ci précise notamment le montant ou le mode de détermination des honoraires couvrant les diligences que le professionnel prévoit d’accomplir, ainsi que les divers frais et débours envisagés.

À ce titre, la Cour de cassation vient de juger que le défaut de signature d’une telle convention ne prive pas l’avocat du droit de percevoir des honoraires pour le travail qu’il a accompli dès lors que la réalité de ce travail est établie.

Dans ce cas (tout comme en présence d’une convention d’honoraires), les honoraires doivent être fixés en tenant compte, selon les usages, de la situation financière du client, de la difficulté de l’affaire, des frais exposés par l’avocat, de sa notoriété ainsi que des diligences qu’il a accomplies.

Dans cette affaire, l’avocat a donc été admis à réclamer des honoraires à son client et, par la suite, à saisir le bâtonnier de l’ordre pour qu’il fixe le montant des honoraires contestés par ce dernier.


Cassation civile 2e, 14 juin 2018, n° 17-19709

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Sport : une obligation de sécurité plus stricte pour les sports dangereux

Les associations sportives doivent assurer la sécurité de leurs adhérents lorsqu’ils exercent leur activité. Et cette obligation est renforcée quand il s’agit de sports dangereux (vol en ULM, plongée sous-marine, canyoning, parachutisme…).

Dans une affaire récente, un lutteur était devenu tétraplégique après avoir subi une luxation rotatoire des vertèbres C3-C4 lors d’un entraînement de lutte libre organisé par une association sportive. Sous la supervision d’un entraîneur, il participait à un jeu appelé « survivor » au cours duquel les participants s’affrontent successivement et cherchent à éliminer un à un leurs adversaires en les faisant tomber au sol.

L’association sportive dans laquelle évoluait l’entraîneur a été jugée responsable des blessures du lutteur et a été condamnée à lui verser des dommages-intérêts.

Pour la Cour de cassation, la lutte est un sport potentiellement dangereux qui nécessite « la fixation de règles précises, notamment, l’interdiction d’actions sportives susceptibles de porter atteinte à la sécurité corporelle des lutteurs ». Or l’entraîneur, qui était donc soumis à une obligation de sécurité renforcée, a manqué à cette obligation en n’exigeant pas du lutteur qu’il lâche le participant avant de le blesser.

Les juges ont, en effet, considéré que, compte tenu de ses 22 années d’expérience, l’entraîneur ne pouvait ignorer que la saisie pratiquée à l’encontre du lutteur blessé, avec traction et rotation de sa tête, risquait de lui causer des lésions cervicales graves et irréversibles, et ce d’autant plus que son caractère néophyte le privait de la capacité d’adopter la réaction appropriée. Sans compter qu’il existait entre les deux lutteurs des différences de gabarit et de niveau technique, le joueur blessé pesant 24 kg de moins et ne pratiquant la lutte que depuis 4 mois contre une pratique de 3,5 ans pour son adversaire.


Cassation civile 1re, 16 mai 2018, n° 17-17904

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Professionnels de santé : une application pour les praticiens en souffrance

Cette application intitulée « Asso SPS » doit permettre de faciliter le recours aux psychologues de la plate-forme pour les praticiens qui sont en souffrance. Il leur suffit pour cela de télécharger l’application (disponible sous iOS et Android) et de cliquer sur l’icône correspondant au psychologue de leur choix proposé par la plate-forme. Ils seront alors aussitôt mis en relation avec lui, sans avoir besoin de prendre rendez-vous. Ils pourront ensuite rappeler ce même professionnel pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé.

Pour rappel, l’association SPS a déjà mis en place une plate-forme nationale d’écoute en novembre 2016 (Numéro Vert 0 805 23 23 36) pour les professionnels de santé. Depuis cette date, elle a reçu plus de 2 500 appels pour des prises en charge par des psychologues. Ces appels sont anonymes, et les professionnels ne peuvent être orientés que s’ils le souhaitent.

Pour en savoir plus sur l’association SPS : www.asso-sps.fr

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Viticulteurs : les filets anti-grêle autorisés pour les AOC !

Excellente nouvelle pour les viticulteurs : l’INAO a donné, en juillet dernier, l’autorisation d’utiliser des filets verticaux anti-grêle (placés de part et d’autre des vignes) sur les parcelles de vignes en AOC/AOP.

Cette demande avait été formulée par le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) à l’issue d’une expérimentation menée dans cette région pendant 3 ans. Ses résultats ayant été concluants, l’INAO a donc donné son feu vert pour l’usage de ce dispositif, qui était jusqu’alors interdit tant pour les vins d’appellation d’origine que pour ceux sous indication géographique protégée (IGP), et ce pour des raisons esthétiques et de manque d’authenticité ainsi que pour son coût et le temps important consacré à son déploiement.

En effet, l’Institut a constaté que ces filets « ont une influence très limitée sur le mésoclimat de la vigne et ne modifient pas artificiellement et de façon substantielle les caractéristiques fondamentales du milieu naturel concerné » et sont donc compatibles avec une production en AOC. Il a précisé toutefois que l’utilisation de ces filets devait être limité dans le temps « afin de limiter l’effet d’ombrage ».

En pratique : les organismes de défense et de gestion (ODG) qui souhaitent que leurs producteurs puissent mettre en place ces filets doivent demander la modification de leur cahier des charges auprès de l’INAO, ce qui ne devrait être, selon l’Institut, qu’une simple formalité.

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Apiculteurs : une aide exceptionnelle au renouvellement du cheptel

Un dispositif d’aide exceptionnelle à destination des apiculteurs confrontés à des difficultés économiques en raison de la surmortalité de leurs abeilles constatée dans certaines régions au cours de l’hiver dernier devrait être mis en place d’ici à la fin du mois de septembre.

Annoncée par le ministre de l’Agriculture en août dernier, cette mesure consisterait en un versement d’une aide au renouvellement du cheptel, donc à l’achat de nouveaux essaims. Une enveloppe de 3 M€ serait ainsi dégagée à cette fin. Selon le ministre, « pour répondre aux besoins de trésorerie des apiculteurs touchés, une avance leur serait versée rapidement dès la demande effectuée », les intéressés ayant ensuite jusqu’à la fin du printemps 2019 pour procéder aux achats d’essaims et transmettre les factures correspondantes.

En pratique, l’aide, dont le montant reste à déterminer, sera attribuée en fonction de critères qui doivent être définis par le ministère en lien avec les organisations professionnelles de la filière apicole.

À noter : ce dispositif exceptionnel a vocation à s’articuler avec les aides déjà mises en place par certaines régions. Ainsi, par exemple, la région Nouvelle-Aquitaine, qui représente 30 % des apiculteurs français, a prévu une enveloppe de 700 000 € au titre d’une aide à la reconstitution d’essaims à destination des apiculteurs détenant au moins 50 ruches et ayant subi une perte de leur cheptel d’au moins 30 % pendant l’hiver 2017-2018. L’aide s’élève à 100 € par ruche dans la limite de 30 ruches par exploitation. Ce dispositif est ouvert jusqu’au 30 septembre 2018.

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Architectes : modification des conditions de recours contre les permis de construire

Via un décret publié en juillet dernier, certains articles du Code de l’urbanisme ont été modifiés, réduisant ainsi les possibilités de recours formés contre les autorisations de construire. Parmi les changements les plus notables se trouve la réduction de 1 an à 6 mois du délai à compter duquel il n’est plus possible de demander l’annulation d’un permis de construire. Ce délai courant, rappelons-le, une fois la construction achevée.

En outre, jusqu’alors fixée par le juge, la date à partir de laquelle les parties en conflit ne peuvent plus invoquer de nouveaux moyens n’est plus laissée à sa discrétion. Elle intervient désormais 2 mois après « la communication aux parties du premier mémoire en défense ». Ce nouveau délai ne sera applicable qu’aux requêtes déposées après le 1er octobre 2018.

Enfin, on peut également signaler l’obligation désormais faite au juge de statuer dans un délai de 10 mois sur les recours contre les permis de construire d’un bâtiment comportant plus de 2 logements ou contre les permis d’aménager un lotissement. Cette nouvelle obligation ne valant que pour les requêtes enregistrées à compter du 1er octobre 2018.


Décret n° 2018-617 du 17 juillet 2018, JO du 18

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Insertion : emploi accompagné des travailleurs handicapés

Le dispositif d’emploi accompagné vise à assister les personnes handicapées qui souhaitent travailler en milieu dit « ordinaire » (par opposition au secteur adapté). Dans ce cadre, un soutien à l’insertion professionnelle et un accompagnement médico-social du travailleur handicapé ainsi qu’un accompagnement de son employeur sont mis en œuvre par une personne morale gestionnaire (établissement ou service d’aide par le travail, établissement de réadaptation, de préorientation et de rééducation professionnelle…).

L’association gestionnaire d’un tel dispositif doit respecter un cahier des charges comportant notamment des modalités de suivi et d’évaluation. Et dans le cadre de ce suivi, elle doit, via les liens Internet envoyés par l’Agence régionale de santé, répondre, au plus tard le 30 septembre 2018, à trois questionnaires portant sur les 6 derniers mois :
– un questionnaire individuel pour chaque nouvelle entrée d’un travailleur handicapé dans ce dispositif ;
– un questionnaire de suivi global de l’activité de l’association afin de mieux connaître les moyens déployés et la montée en charge du dispositif ;
– un questionnaire de suivi individuel sur le parcours de chaque personne accompagnée ou ayant quitté le dispositif.

Le contenu de ces trois questionnaires peut être consulté dans une instruction interministérielle du 14 février 2018.

Par ailleurs, les associations gestionnaires d’un dispositif d’emploi accompagné peuvent se référer à un « guide pratique de l’emploi accompagné » publié par les pouvoirs publics et précisant notamment la forme et la durée de l’accompagnement du travailleur handicapé et de son employeur.

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Masseurs-kinésithérapeutes : une démographie en forte expansion

Dans un rapport publié en juillet dernier, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) indique que le nombre de masseurs-kinésithérapeutes devrait augmenter de 57 % jusqu’en 2040, pour atteindre 133 000 praticiens. Une offre de soins qui serait alors supérieure aux besoins…

Le rapport de la Drees démontre que cette situation de forte croissance repose en grande partie sur l’hypothèse du maintien des quotas d’entrée en institut de formation de masso-kinésithérapie, qui ont été fortement relevés depuis 2005. Ainsi que sur l’importance grandissante du nombre de professionnels diplômés à l’étranger, notamment de Français qui choisissent de se former hors de France pour contourner les quotas et diminuer les coûts de formation. En 2016, un tiers des nouveaux inscrits avaient en effet obtenu leur diplôme à l’étranger.

Selon le rapport, la densité professionnelle s’établirait à 151 masseurs-kinésithérapeutes pour 100 000 habitants en 2040 (contre 126 en 2016). Une hausse nettement supérieure à celle de la population française, qui entraînerait une augmentation de l’offre de soins supérieure aux besoins.

Le rapport précise également que c’est l’exercice libéral qui devrait continuer à se développer plus fortement au détriment du salariat, mais avec une féminisation et un vieillissement de la profession des libéraux conduisant à une évolution des équivalents temps plein plus modérée que celle des effectifs.


Pour consulter le rapport : http://drees.solidarites-sante.gouv.fr

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Santé : service sanitaire des étudiants en santé au sein d’associations

Le service sanitaire sera effectif dès la rentrée universitaire de 2018 pour les 47 000 étudiants en médecine, en pharmacie, en odontologie, en soins infirmiers, en maïeutique et en kinésithérapie.

Il vise à la fois à sensibiliser ces étudiants aux enjeux de la prévention et à leur permettre d’intervenir auprès de la population afin de réduire les inégalités sociales et territoriales d’accès à la santé.

Les associations, et notamment les établissements scolaires, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, les maisons de santé, les crèches ou encore les centres d’hébergement et de réinsertion sociale, peuvent accueillir des étudiants en santé afin de mettre en place des actions concrètes de prévention. Sachant que ces actions, principalement axées sur l’alimentation, l’activité physique, les addictions et la santé sexuelle, sont réalisées d’abord auprès de publics relevant de l’éducation prioritaire et dans les territoires où l’amélioration de l’accès aux soins est une nécessité.

En pratique, l’association qui souhaite accueillir un étudiant dans le cadre du service sanitaire doit signer une convention avec son établissement d’enseignement. Une convention dont le modèle est établi par un arrêté du 12 juin 2018. L’association doit également nommer un référent de proximité chargé d’accompagner cet étudiant lors de la réalisation des actions de prévention.

À noter : à la rentrée 2019, le service sanitaire sera étendu à toutes les formations en santé soit à environ 50 000 étudiants (ergothérapie, orthophonie…).


Décret n° 2018-472 du 12 juin 2018, JO du 13

Arrêté du 12 juin 2018, JO du 13

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Aviculteurs : indemnisation des pertes économiques dues à la grippe aviaire

Selon le ministère de l’Agriculture, les paiements du solde de l’indemnité destinée à compenser les pertes économiques subies l’an dernier par les éleveurs de volailles contraints de procéder à l’abattage de leurs animaux et de mettre en place un vide sanitaire pour enrayer l’épizootie de grippe aviaire ont débuté cet été et devront être achevés avant le 30 septembre. Ces pertes ayant déjà été indemnisées par avance à hauteur de 70 %.

Quant à l’indemnisation des pertes économiques subies, cette fois, après la levée, en mai 2017, de ces mesures de restrictions sanitaires, le ministère a indiqué qu’elle interviendrait à partir du mois d’octobre. Sachant que c’est la moitié et non pas l’intégralité de ces pertes qui seront indemnisées.

Une enveloppe de 77 millions d’euros destinée à indemniser 2300 éleveurs a été débloquée à cette fin.

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