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Architectes : délai de contestation d’une autorisation d’urbanisme

Une décision d’urbanisme telle qu’un permis de construire ou un permis de démolir peut être contestée pendant un délai de 2 mois à compter du premier jour d’une période continue de 2 mois d’affichage sur le terrain concerné. Autrement dit, si aucun recours n’est formé pendant ce délai, l’autorisation d’urbanisme devient définitive. Mais pour cela, encore faut-il que le délai de recours figure bien sur le panneau d’affichage. Car à défaut d’une telle mention, l’autorisation d’urbanisme peut être contestée pendant une période plus longue qui vient d’être précisée par les juges.

Dans cette affaire, un permis de construire avait été délivré en 2007. Le permis avait bien fait l’objet d’un affichage sur le terrain, mais aucun délai de recours n’y était indiqué. Or, 7 ans plus tard, le permis avait fait l’objet d’une contestation devant le juge administratif.

Saisi du litige, le Conseil d’État a estimé que, certes, l’absence du délai de recours sur le panneau d’affichage permettait bien aux tiers (en l’occurrence des voisins) de contester le permis de construire au-delà du délai de 2 mois. Mais que cette contestation devait intervenir dans un délai raisonnable. Et que, en règle générale et sauf circonstance particulière, est considéré comme raisonnable un délai qui n’excède pas un an. En conséquence, le recours formé contre le permis de construire a été jugé irrecevable.

En complément : pour les juges, conformément au Code de l’urbanisme, une autorisation ne peut plus être contestée 6 mois après l’achèvement de la construction ou de l’aménagement. Et ce, même dans l’hypothèse où le délai raisonnable d’un an n’a pas expiré.


Conseil d’État, 9 novembre 2018, n° 409872

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Éleveurs : mention de l’origine du lait et de la viande dans les produits transformés

Depuis le 1er janvier 2017, les fabricants de produits alimentaires doivent mentionner sur leurs emballages l’origine du lait et de la viande ayant servi à confectionner leurs produits laitiers ou leurs produits transformés. Plus précisément, ce sont les pays de naissance, d’élevage et d’abattage des animaux pour la viande et de collecte, de conditionnement et de transformation pour le lait qui doivent apparaître sur les étiquettes.

Sachant que cette mention n’est pas obligatoire en dessous de 50 % de lait utilisé en tant qu’ingrédient dans un produit laitier ou en dessous de 8 % de viande dans un produit transformé.

Cette obligation, prévue à titre expérimental pendant 2 ans, devait prendre fin le 31 décembre 2018. Les pouvoirs publics français, autorisés à cette fin par l’Union européenne, ont décidé de la proroger jusqu’au 31 mars 2020. Une mesure qui répond aux attentes tant des agriculteurs que des consommateurs.


Décret n° 2018-1239 du 24 décembre 2018, JO du 26

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Consommation : l’action de groupe vise désormais la location d’un bien immobilier

L’action de groupe consiste, pour une association, à enclencher une action en justice pour le compte de plusieurs victimes ayant subi un dommage causé par une même personne (société, autorité administrative…) et résultant d’un manquement de même nature à ses obligations légales ou contractuelles (victimes des effets secondaires d’un même médicament, par exemple). Des actions possibles notamment dans les domaines de la santé, de l’environnement et de la consommation.

En novembre 2017, la Cour d’appel de Paris avait décidé qu’une action de groupe engagée par une association de défense des consommateurs ne pouvait pas concerner un bail d’habitation. En effet, selon ses juges, une telle action ne pouvait porter que sur des dommages résultant d’un contrat de prestation de services, le bail étant un contrat de louage de choses. De plus, celui-ci obéissait à des règles spécifiques exclusives du droit de la consommation, les règles le régissant étant prévues non pas par le Code de la consommation, mais par le Code civil.

Un changement induit par la loi

Récemment, la loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (loi ELAN) a modifié le Code de la consommation afin d’inclure la location de bien immobilier dans le champ de l’action de groupe.

Ainsi, désormais, une association agréée de défense des consommateurs peut déclencher une action de groupe afin d’obtenir la réparation des préjudices individuels subis par des locataires lorsque ces dommages ont pour cause commune le(s) manquement(s) d’un même bailleur à ses obligations, légales ou contractuelles, dans le cadre de la location d’un bien immobilier.


Article 138, loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, JO du 24

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Médecins : de nombreux libéraux en situation de cumul emploi-retraite

Selon cette étude, quelque 17 373 médecins sont actuellement en situation de cumul emploi retraite tous modes d’exercice confondus (salarié, mixte et libéral). Mais c’est particulièrement vrai chez les libéraux. Entre 65 et 69 ans, 43 % d’entre eux exercent encore, en bénéficiant pour la plupart du cumul. Ce sont plutôt des hommes (32 % pour les plus de 60 ans en activité) que des femmes (28 %). Mais ce choix du cumul dépend aussi des spécialités et du secteur d’exercice. Il est par exemple plus fréquent chez les psychiatres libéraux (un quart) que chez les gynécologues (15 %), les anesthésistes ou les chirurgiens (6 %). Et il est aussi moins fréquent pour les conventionnés en secteur 1 (29 %) que pour ceux installés en secteur II (38 %).

Selon l’étude, ces bénéficiaires du cumul emploi retraite peuvent ainsi maintenir un revenu global moyen équivalent à ceux qui sont en activité en étant non cumulants.

Ils cessent en moyenne ce cumul après environ quatre ans, soit à l’âge moyen de 69,5 ans (contre 65,1 ans pour les non cumulants). Mais cette fin d’activité peut intervenir plus tardivement pour les médecins de Paris, les spécialistes implantés dans les zones où les médecins sont nombreux à être installés, ainsi que pour les généralistes dans les zones de faible densité médicale.


Pour consulter l’étude : https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/

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Notaires : pas d’obligation d’investiguer via des moteurs de recherche Internet

Une société, puis son gérant, avaient été placés en liquidation judiciaire. Quelques années plus tard, le gérant avait vendu sa résidence principale pour un prix de 40 000 € sans informer le notaire de la procédure collective ouverte à son encontre. Le notaire, après avoir réalisé les formalités habituelles, avait procédé à la vente du bien immobilier. Après avoir eu connaissance de cette vente, le mandataire à la liquidation avait assigné en justice le gérant, l’acquéreur et le notaire en inopposabilité à son égard de la vente du bien immobilier et en paiement du prix de vente.

Saisie de cette affaire, la cour d’appel avait fait droit aux demandes du mandataire à la liquidation. Pour condamner le notaire, les juges avaient relevé que ce dernier avait effectué des recherches insuffisantes sur la situation du vendeur. En effet, en réalisant une simple recherche sur Google, le notaire aurait été en mesure de faire le lien entre le vendeur et la société mise en liquidation judiciaire. Ce qui lui aurait permis de s’interroger sur la situation réelle du vendeur, en consultant notamment le Kbis de cette société, qui lui aurait révélé l’existence de la procédure collective.

Appelée à se prononcer, la Cour de cassation n’a pas suivi le raisonnement de la cour d’appel. Les juges de la Cour de cassation ont rappelé que le notaire n’était pas tenu de procéder à d’autres recherches que celles consistant en la consultation des publications légales (RCS et Bodacc), dont il n’était pas établi qu’elles auraient permis de déceler la mise en liquidation judiciaire du gérant.


Cassation civile 1re, 28 novembre 2018, n° 17-31144

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Viticulteurs : aide à l’investissement vitivinicole

Ouvert depuis le début du mois de décembre, l’appel à projets (AAP) 2019 du programme d’investissements des entreprises vitivinicoles sera clos le 31 janvier 2019 à 12 h. À cette date, les demandes d’aides et l’ensemble des pièces justificatives associées devront avoir été déposés. Le dépôt des dossiers devra s’effectuer via le téléservice « Viti-investissement ». Sachant que son utilisation suppose une inscription préalable sur le portail de FranceAgriMer.

Modernisation des installations

L’objectif de ce programme est de permettre aux entreprises du secteur vitivinicole hors spiritueux (producteurs et/ou commerçants), en bonne santé financière et présentant un projet d’une durée maximale de 2 ans, de bénéficier d’une aide leur permettant de réaliser certains investissements. Ces derniers devront permettre de moderniser leurs installations (capacité de traitement, outils de vinification et de maîtrise de la qualité) ou d’améliorer leur compétitivité (approche environnementale, pratiques œnologiques…).

Les entreprises dont le dossier sera retenu toucheront une aide correspondant à un pourcentage de l’investissement envisagé. Ce pourcentage varie de 30 % pour les PME (chiffre d’affaires inférieur à 50 M€ et nombre de salariés inférieur à 250) à 7,5 % pour les grandes entreprises (chiffre d’affaires supérieur à 200 M€ et nombre de salariés supérieur à 750). Ce taux pouvant être bonifié de 5 points lorsque le demandeur justifie du critère de priorité « nouvel installé ».

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site FranceAgriMer.

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Sport : joueurs d’un club de rugby et salariat

La Cour de cassation vient de reconnaître que des joueurs de rugby étaient liés par des contrats de travail à leur club.

Dans cette affaire, les joueurs avaient signé, avec un club de rugby, une convention qui prévoyait notamment le paiement de défraiements mensuels pour frais de déplacement. Or, n’étant pas défrayés, ils avaient saisi le conseil de prud’hommes.

La Cour de cassation a constaté que les joueurs percevaient une indemnité mensuelle de 2 200 €, en complément des primes de matchs. De plus, ils avaient l’obligation de participer aux compétitions, de s’entraîner selon les directives du club et de participer à la politique de formation. Et les joueurs qui ne respectaient pas le règlement interne du club et la charte des droits et des devoirs du joueur risquaient une sanction disciplinaire.

Pour les juges, tous ces éléments démontraient que les joueurs exécutaient une prestation de travail dans un lien de subordination contre le paiement d’une rémunération. Éléments qui caractérisent l’existence d’un contrat de travail.


Cassation sociale, 28 novembre 2018, n° 17-20036 et n° 17-20037

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Vétérinaires : anticiper les ruptures de médicaments

Depuis plusieurs années, les ruptures de stocks de médicaments se multiplient avec un impact direct sur la médecine vétérinaire en France. Pour améliorer les pratiques de gestion de ces ruptures, en améliorer la communication, voire les anticiper, un groupe de travail s’est constitué début 2018, composé de représentants de l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament vétérinaire : industrie, distributeur en gros, vétérinaire et l’ANMV. L’objectif de ce groupe de travail était de réfléchir pour anticiper et orienter, le cas échéant, les praticiens vers des solutions alternatives.

Ces travaux ont abouti à la rédaction d’un guide des « Bonnes Pratiques pour la gestion des ruptures d’approvisionnement d’un médicament vétérinaire ». Il indique les actions à mener par chaque professionnel afin d’assurer la meilleure gestion possible des stocks des médicaments vétérinaires en situation de rupture. Il a été soumis à l’approbation du Conseil national de l’ordre des vétérinaires, ainsi qu’aux différents syndicats professionnels de l’industrie, de la distribution en gros et des vétérinaires.

Pour consulter le guide des bonnes pratiques : www.anses.fr/

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Aviculteurs : installations d’élevage de poules pondeuses

Depuis le 1er novembre dernier, la mise en construction ou le réaménagement de tout bâtiment destiné à l’élevage de poules pondeuses élevées en cage est interdite.

Édictée par la toute récente loi Agriculture et Alimentation, cette mesure a pour objet de développer la production d’œufs issus de poules élevées ailleurs qu’en cage, c’est-à-dire en plein air ou au sol, et à répondre ainsi aux exigences de certains distributeurs qui refusent désormais de commercialiser des œufs issus de poules élevées en cage. L’objectif de la filière étant d’abaisser la part des poules pondeuses en cage, actuellement de 70 %, à 50 % seulement d’ici à 2022.

Cette interdiction devra toutefois faire l’objet de précisions par un décret avant de pouvoir être effective.


Art. 68, loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018, JO du 1er novembre

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Éleveurs d’ovins et de caprins : montant des aides 2018

Fixés par un arrêté du 26 septembre dernier, les montants de l’aide ovine et caprine servie au titre de la campagne 2018 viennent d’être légèrement revalorisés.

Ainsi, l’aide ovine est portée de 22,05 € à 22,30 € par brebis et l’aide caprine de 16,18 € à 16,32 € par chèvre.

Par ailleurs, selon la Fédération nationale ovine, les aides complémentaires à l’aide ovine, qui avaient été supprimées en 2018 car considérées par la Commission européenne comme non conformes à la réglementation européenne relative à l’octroi des aides couplées, pourraient être rétablies ! Plus précisément, c’est l’aide ovine complémentaire pour les élevages détenus par des nouveaux producteurs, c’est-à-dire des éleveurs qui détiennent pour la première fois un cheptel ovin depuis 3 ans au plus qui serait à nouveau versée. Son montant était de 6 € par animal primé en 2017. À suivre…

Rappel : l’aide ovine complémentaire pour les élevages en contractualisation ou en vente directe (majoration de 9 € par animal primé en 2017) avait également été supprimée en 2018.


Arrêté du 3 décembre 2018, JO du 7

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